Autour du monde avec ...

 
 

Nos voeux des fêtes 2010

 

 

03 déc 2010,  en navigation vers l’Australie

 

Chers parents, proches et amis,

 

            Nous sommes présentement en traversée vers l’Australie, dernier leg en mer pour cette année, qui s’est avérée beaucoup plus ‘mollo’ que prévu côté navigation.  En effet, des problèmes de frigo ont fait que nous avons passé beaucoup plus de temps que prévu aux Fidji.  C’est tant mieux car nous avons adoré cet endroit pour l’accueil de ses habitants et la beauté de ses îles Yasawa, mais plus spécialement son coût de la vie très raisonnable.  Nous avons dépensé beaucoup de temps et d’énergie à essayer de solutionner le problème du frigo mais nous avons fini par baisser les bras.  Nous n’allions pas gaspiller plus de temps sur ce problème qui n’aboutissait à rien.  Après tout, il y a plein de navigateurs qui n’ont pas de frigo à bord,  nous avons donc décidé de continuer et de régler le tout en Australie.  Finalement ça se fait par du monde la vie sans frigo et si ce n’est que le Coke diète et la bière froide nous manquaient, pour le reste il n’est étonnement pas si difficile de se passer d’un frigo.  On développe tout plein de trucs et on devient vite très astucieux. 

 

            A titre d’anecdote côté réfrigération, j’ai pensé partager l’aventure du gigot d’agneau que j’ai trouvée assez cocasse.  En effet, nous avons testé les dires d’un Français qui nous avait fait cadeau d’un gigot d’agneau, nous assurant que pour l’avoir essayé, la viande, lorsque sous vide, ça peut se garder de 2 à 3 semaines, même sans réfrigération.  Ça vient avec une ‘sale gueule’ nous avait-il dit, mais c’est mangeable.  Morts de rire, nous avons décidé de faire le test.  Vous dire la senteur…  Après 5 jours, n’en tenant plus de l’odeur insupportable de notre gigot, et craignant qu’il se mette à marcher sur le comptoir, nous l’avons finalement cuit et mangé non sans utiliser beaucoup, BEAUCOUP d’épices pour camoufler l’odeur.  On n’aurait pas pu attendre beaucoup plus longtemps encore, mais c’était mangeable.  Bien que ça arrive rarement, le chaudron ne s’est toutefois pas vidé complètement ce soir-là, il y avait des restes  que nous avons balancé par-dessus bord.

 

            Trèves de plaisanteries, nous avons profité à plein, encore cette année, de l’exotisme des îles du Pacifique.  Suivant notre tournée de la Nouvelle-Zélande en compagnie de nos visiteurs : mon frère et sa famille ainsi que mon amie Kiki et sa famille, nous avons ensuite repris la mer après cinq mois d’arrêt pour faire les îles Fidji, Wallis et Futuna, retour à Fidji et Rotuma, Tuvalu, Vanuatu et la Nouvelle-Calédonie.  Revenir à Fidji nous a permis d’assister au magnifique mariage de Brian et Isabelle de Wasabi. Ralentir la cadence nous aura également permis, pour une fois, de passer de longs moments dans ces îles isolées que nous affectionnons tant.  Ce sentiment d’être seuls au monde à vivre au rythme des locaux, à s’imprégner de leur culture et à échanger.  Les nombreuses pêches de nuit avec les locaux et la chasse aux oeufs de canes sauvages furent pour le capitaine de grands favoris.  Nous  avons apprécié nous trouver loin de tout grand centre et magasin pour vivre de ce que les locaux avaient à nous offrir de leurs jardins personnels.  Que d’échanges nous avons faits cette année. Alors que nous avions l’impression d’offrir une forme d’aide humanitaire avec toutes les denrées alimentaires de base, vêtements, fournitures scolaires, médicales et autres;  les locaux eux, étaient très fiers de nous fournir crevettes de cascade d’eau douce, poulet, fruits et légumes frais.  Pendant de longs moments nous n’avons pas eu à débourser un sou noir.  Après tout, qu’ont-ils à faire de l’argent dans ces îles où il n’y a pas l’ombre d’une épicerie.  Ils ont tout ce dont ils ont besoin à portée de la main pour se nourrir et un toit pour se loger. Nos échanges les plus cocasses restent sans contredit un bout de cordage offert pour attacher la vache d’un local contre deux poulets  plumés et éviscérés, attrapés le matin même.  L’échange de deux pattes de cochon sauvage contre de l’eau douce et un ‘lift’ sur nos bateaux pour neuf locaux vers une île voisine n’était pas mal non plus.

 

            Cette année encore, nous avons fait  plusieurs belles rencontres avec différents bateaux.  Maintenant que nous nous approchons de l’Australie, les enfants comme les parents sont très excités à l’idée de passer quelques mois dans le luxe.  Pour ma part, je suis très excitée de passer un petit Noël seuls en famille, une expérience que je tenais à faire une fois dans ma vie.  Nous avons tous très hâte de visiter l’Australie dans notre ‘camping car’ de location avec les différents amis et parents qui s’annoncent en janvier et mars. 

 

            L’accomplissement dont je suis le plus fière cette année est sans aucun doute d’avoir enfin acquis un meilleur contrôle et une confiance accrue quant à l’enseignement aux enfants.  En effet, j’avoue que nous avons trouvé bien lourde cette tâche au cours des deux premières années.  Finalement on peut souffler un peu et mieux respirer.  Le stress est passé, nous avons gagné en confiance, les enfants sont devenus beaucoup plus autonomes et la routine est désormais acquise.  Vous dire la fierté de voir Antoine apprendre à lire de jour en jour l’an dernier, ce n’est pas descriptible.  Enseigner la première année est ce qui, secrètement, m’inquiétait le plus.  Mais finalement, une fois que l’enfant comprend et acquiert de nouvelles connaissances, on a l’impression de voir une fleur s’ouvrir.  C’est aussi magique que de voir un bébé faire ses premiers pas.

 

            S’il y a une chose que nous avons acquise en navigation c’est le temps de lire, les enfants continuent de dévorer les livres, le bateau croule sous le poids des bibliothèques … et du Coke diète.  Comme les jeux vidéos sont très souvent confisqués, les enfants n’ont d’autres choix que de se tourner vers la lecture, les légos, casse-tête, broderie, couture et tout récemment le tricot, lorsque nous sommes en mer.  Une fois à terre, ils passent alors beaucoup de temps à se baigner, jouer sur les plages, faire du kayak, optimiste et ski nautique. 

 

            Thomas et son imagination toujours aussi débordante nous fait bien rire avec ses textes, ses inventions de fusées improvisées (Coke et Mentos), ses créations de légos et ses dessins.  Il rêve toujours de faire carrière comme comédien  et de devenir très riche.  En attendant, il faudra qu’il commence par grandir question d’au moins rattraper sa sœur.

Sur le petit voilier optimiste c’est notre expert. Je le trouve bien brave quand je le vois partir seul sous de gros vents, à zigzaguer entre les bateaux dans les mouillages.   

 

            Notre Catherine demeure ‘LA’ référence sur le bateau en matière de mode, musique, artistes, cinéma et tout.  Elle nous apporte beaucoup à tous, Catherine c’est la touche féminine sur le bateau.  Très responsable, organisée et disciplinée elle est un modèle pour ses frères qui, malheureusement, n’emboîtent pas autant le pas qu’elle le désirerait, à ses initiatives.  Dernièrement, elle s’est mise au tricot et est en train d’initier ses frères à cet art.

 

            Nicolas, notre beau blond, notre passionné de voile, de grand air et de nature, c’est le portrait tout craché de ‘Richard’ dans le film le Lagon Bleu.  Les vents n’ont plus de secrets pour lui, c’est comme un second sens pour lui la voile.  De son côté, on a beau lui dégoter toutes sortes de livres, il essaie très fort mais la lecture ce n’est pas sa passion.  Par contre, il adore toujours cuisiner et avec sa dent sucrée, il affectionne particulièrement les desserts.  Récemment, il a commencé une tradition et nous prépare, une fois par semaine, le dimanche, des brioches cannelle et raisins absolument sublimes pour le petit déjeuner.

 

            Notre Antoine, tout en muscles, grandit à vue d’œil mais garde son petit côté enfantin croquable qui nous fait tous craquer.  Bien que super indépendant et débrouillard,  il reste notre bébé.  Il garde ses manies de vieux garçon et tranquillement pas vite il réussit à inculquer à son compagnon de chambre (Nicolas) les vertus et les bienfaits du rangement et des blitz ménages.  Après les casse-tête, il s’est découvert une nouvelle passion, la lecture.  En effet, depuis qu’il a appris à lire, il n’est plus arrêtable.

 

            René, depuis l’an dernier, apprend la guitare, cadeau que nous lui avions offert pour ses 40 ans.  Toujours, il continue de nos impressionner avec ses réparations de fortunes de toutes sortes.  En matière d’improvisation, on peut dire qu’il est très fort.  Rien de neuf pour ma part, si ce n’est que j’essaie de conserver ma discipline d’entraînement et de faire mon Tony Horton au réveil le matin.  L’école nous gruge beaucoup de temps, c’est pratiquement un emploi à temps plein.  Pour le reste, je passe aussi énormément de temps dans mon royaume, soit  dans le fond de ma petite cuisine que j’appelle aussi mon  sous-sol, à brasser dans mes chaudrons.  René et moi essayons désormais de nous offrir un peu plus de temps libre car il n’est pas facile de s’asseoir sans se sentir coupable, c’est qu’il y a tant à faire sur un bateau.  Mais on se dit que si on ne le fait pas maintenant, alors que nous sommes sans emploi à voyager autour du monde, quand le ferons-nous?  Nous prenons conscience que ce voyage aura éventuellement une fin et qu’il faut, par le fait même, en profiter à plein pendant que ça passe.

 

            Suivant l’Australie nous n’avons pas encore de plan ferme de navigation pour l’année qui vient mais nous envisageons les destinations suivantes :  les îles Salomon, la Papouasie Nouvelle-Guinée, Palau, Yap, les Philippines, Chine, Brunei, Singapour, Malaisie, Thaïlande et l’Inde.  Bref, beaucoup trop pour ce qu’on peut faire en un an, il faudra couper et faire des choix mais chose certaine, nous avons l’intention de progressivement quitter la navigation près des îles et des plages pour désormais explorer davantage l’intérieur des terres.  La culture orientale sera pour nous un dépaysement total. Nous avons l’intention de laisser le bateau, ici et là, à l’occasion,  pour partir à l’aventure en bus, sac au dos, explorer ces endroits qui nous fascinent depuis toujours. 

 

Sur ce, la gang du Cat Mousses espère que cette lettre vous trouvera en forme et pétant de santé.  Nous souhaitons à chacun d’entre vous  un Joyeux Temps des Fêtes ainsi qu’une année 2011 remplie de joie, de succès et de bonheur.

 

Dany, René,

Thomas (12 ans), Catherine (11 ans), Nicolas (9 ans) et Antoine (7 ans).

XXxxxx